Psychologue ou travailleur en solo: Entreprise individuelle ou auto-entrepreneur ?

FREELANCING

Si vous êtes psychologue et que vous souhaitez être à votre compte, en plus de penser à votre identité professionnelle en tant que thérapeute, consultant, coach ou intervenant, vous allez devoir penser au côté administratif de votre activité. Au lancement, celui-ci prendra une bonne partie de votre énergie et de votre temps.

Tenez compte également de la date de publication de cet article. Je rédige en septembre 2014, et les statuts, les conditions, évoluent chaque année. N’hésitez donc pas à faire l’update !

Regardez les sources officielles, par exemple,

– Le site de la CCI pour le statut AE (Auto Entreprise)

– Le site de l’APCE pour les professions libérales (Souvent en Entreprise Individuelle)

Après avoir étudié pour moi-même les deux possibilités, voici quelques éléments qui m’ont aidé à faire mon choix. Je vous invite par la suite à creuser davantage, car chaque situation est unique :

En AE :

–       vous facturez et vous payez vos cotisations sur votre chiffre d’affaires. Peu importe si vous avez eu des frais ou non pour réaliser votre travail. En d’autres termes, vous ne pouvez pas déduire vos charges. Vous payerez donc vos cotisations de votre chiffre d’affaire et non sur votre bénéfice.

–       vous facturez en hors-taxe car la TVA n’est pas applicable au statut d’AE (article 393B du CGI). Cela peut gêner des clients professionnels habitués à récupérer la TVA.

–       Vous pouvez avoir ce statut en même temps que d’autres (salarié, demandeur d’emploi, étudiant, retraité…)

–       Si vous ne facturez pas, (donc pas de chiffres d’affaires), vous ne payez pas de cotisations (pratique en cas de baisse de travail durant l’été par exemple pour s’occuper des enfants !)

–       Vous êtes limité à 32 900 € HT annuel en chiffre d’affaire (attention, ce n’est pas forcément ce que vous gagnez directement, mais ce que vous facturez)

 

En entreprise individuelle :

–       Vous pouvez déduire vos charges, et cela est intéressant pour le calcul de vos cotisations et la différence entre le chiffre d’affaire et le bénéfice. Par exemple, si vous facturez une prestation à 60€, vous avez peut être utilisé un test psychométrique qui vous a coûté 20€. Pour une consultation, votre chiffre d’affaire est de 60€, mais votre bénéfice est de 40€. Si vous déduisez des frais pour « tout le reste » (cf plus bas), votre bénéfice est aux alentours de 30€, soit, la moitié de ce que vous avez facturé !

–       Si vous avez un local cela implique : le loyer, l’électricité, la ligne téléphonique/internet, les charges classiques (eau, gaz, nettoyage, assurance)… ce sont des frais à déduire dans le calcul de vos cotisations

–       Si vous avez des frais récurrents comme : des déplacements, des achats de livres, de consommables (papiers, cartouches d’encres pour imprimer les bilans), certains repas

–       Les frais d’installations peuvent être également déduits : meubles de votre local, ordinateur amorti sur 3 ans environ, logiciels, frais de comm’ de lancement (site internet, cartes de visites, signalétique, ect…)

–       Vous pouvez également déduire les frais de mutuelle et d’assurance complémentaire via la loi Madelin (svp, ne me demandez pas en commentaires qu’est-ce que c’est…. Google est un excellent ami qui répondra à vos questions !)

Si vous n’avez pas de local et très peu de frais récurrents, cela peut être intéressant de vous pencher sur le régime de l’AE, surtout si vous intervenez beaucoup dans des centres (centres de formations, associations, ect…) ou chez les clients, et que vous n’avez pas de dépenses à effectuer pour votre intervention. Dès que vous avez un local et des outils à acheter, penchez vous sur les autres statuts. Faites des simulations avec un comptable qui vous guidera. Et bien entendu, si vous explosez rapidement le plafond des 32 900 € HT !

Vous pouvez également voir d’autres statuts (en société), si vous vous adressez uniquement à des entreprises qui veulent une facture avec TVA.

Je vous ai enfumé ?!! C’est normal, ne vous inquiétez pas ! Cela veut dire que vous devez vraiment prendre le temps de choisir votre statut juridique et fiscal avant de vous lancer…. Et peut être que quand vous le ferez, d’autres statuts existeront encore ! N’hésitez pas à poser 15 000 questions à la CCI ou ailleurs ! Ce n’est pas à l’université, durant votre cursus de psycho que l’on va vous aider !

Bon courage !!

Pin It

Lydia