Etre à son compte vs. Entreprendre

ENTREPRENDRE AU QUOTIDIEN FREELANCING FREELANCING Vente directe

entreprendre à son compte

Au niveau juridique et fiscal, la différence est subtile… Mais au niveau développement et évolution, il y a une grande différence entre « être à son compte » et « entreprendre ».

Et c’est bel et bien une différence que nous vivons en ce moment, et dont nous n’en n’étions pas conscients il y a de cela quelques années.

En tant que psy du travail, je gagnais en fonction de mes prestations : consulting, entretiens individuels, cours, formations, etc. A la fin du mois, l’état de mon compte en banque était en fonction de mon volume de travail, moins les charges et les frais. C’est comme ça que j’ai démarré, et vous vous en doutez, les débuts sont toujours difficiles. A la fin du mois, on se dit que « oh c’est le début ! ». Mais au bout de plusieurs mois, j’ai remarqué que ma prestation « phare » (des bilans d’orientations scolaires), me prenait quasiment tous mes mercredis après-midi, certains samedi matin et puis les vacances scolaires… mais seulement à certains moments de l’année, étrangement à quelques semaines des vœux d’orientation à faire ou juste avant la clôture des inscriptions à la fac ! J’aimais beaucoup cette prestation. Mais je me suis rendue compte que mon temps, comme mon énergie, n’étaient pas extensibles ! Pour les autres prestations, je me suis également vite rendue compte que si je voulais voir mon fils le soir, je ne pouvais pas cumuler des rendez-vous après 17h – ce qui me faisait des journées relativement courtes. Quand mon fils était à la crèche, c’était facile de l’y mettre pendant les vacances scolaires pour que je puisse travailler et de lui faire décaler ses vacances. Mais une fois qu’il a été scolarisé, je n’ai pas pu continuer de cette façon. J’ai fini avec un planning relativement « blindé » par des prestations de « coup de cœur » et des prestas « secondaires », mais en maintenant des journées « courtes » (c’est à dire libre à 16h20 pour être à l’école à l’heure), le mercredi matin off et un samedi sur deux. Et je ne gagnais toujours pas ce que je voulais. Bien entendu, cela était impensable de tripler mes tarifs ! Et j’ai eu envie de tout plaquer, me demandant finalement si la vie de maman était compatible avec la vie d’entrepreneuse.

Et j’ai compris. Compris la différence entre « être à son compte » vs. « entreprendre ». Etre à mon compte signifie que tout dépend de moi ! Que mon « produit », c’est moi, que ma présence est essentielle pour le moindre centime d’euro, que ma concentration doit être intacte si je souhaite fournir une prestation de qualité. Si je ne travaille pas, je ne gagne pas, malgré tout ce que j’ai fait pour construire ce qui existe déjà, que mon « réseau » soit petit ou grand (Aaaahhh ce fameux « réseau » !). Si je dois garder mes enfants – je ne gagne rien.

Alors quelle différence avec « entreprendre » ?

Prenons l’exemple d’un chanteur qui se produit dans des salles de concerts, des bars, des petites salles. Les personnes qui souhaitent l’entendre doivent être face à lui. Mais s’il souhaite toucher plus de monde avec sa musique, il doit faire une pause, arrêter un moment les spectacles et s’enfermer dans un studio pour enregistrer sa musique, pour la « dupliquer ». Certes, il ne touchera pas de cachet durant cette période, au contraire, il dépensera une certaine somme pour payer ce projet. Mais enregistrer ses chansons vont lui permettre d’être entendu au bout du monde… et qui sait, de plus grandes salles vont lui ouvrir leurs portes.

De nombreux professionnels peuvent se dupliquer.

Les très bons photographes peuvent vendre des reproductions de leurs plus beaux clichés.

Des coiffeurs peuvent créer leurs propres produits de soins capillaires.

Des cuisinières peuvent vendre leurs recettes via des livres ou des e-books.

Bien entendu, il ne suffit pas de tout plaquer dans le « présentiel » pour le produit à dupliquer, mais le cumul des deux peut être intéressant pour multiplier les sources de revenus.

Maintenant, est-ce que tout le monde peut avoir son propre produit ? C’est plus ou moins facile, en fonction du domaine d’activité. La solution intermédiaire peut aussi consister à « être à son compte » et à « entreprendre » avec un produit déjà existant. C’est le choix personnel que nous avons fait pour le moment, le temps de créer nos propres produits. Ceci fait l’objet d’un autre article ici !

D’autres façons « classiques » de se dupliquer est de recruter ou de varier ses publics. Mais je ne m’y attarderai pas ici, et tout le monde ne peut pas recruter dès le début.

Bref, le mot de la fin de cet article est le suivant : lors d’un projet de création d’entreprise, veillez bien à faire la différence entre « être à son compte » et « entreprendre ». Pensez toujours « long terme » !

Pin It

Lydia

5 thoughts on “Etre à son compte vs. Entreprendre”

  1. Pingback: Adopter un produit de la vente directe : pour quelles raisons ?

  2. Audrey - 25 mars 2015 4 h 44 min

    Lydia ton article tombe à pic Merci pour ce partage xxx

    1. Lydia - 25 mars 2015 8 h 56 min

      Avec plaisir ! Contente que ça puisse donner des pistes 🙂

  3. Edualdo - 12 juin 2015 5 h 17 min

    Superbes articles! Je te félicite pour ton analyse. Tu as le mérite de clarifier la forêt d’incompréhension à laquelle fait face une société de plus en plus complexe. Merci Lydia! Tu cartonnes.
    Bravo.
    E.C.

    1. Lydia - 12 juin 2015 8 h 02 min

      Wow !! Merci beaucoup pour ce commentaire super encourageant ! Merci 🙂 Vous cartonnez aussi et osant vivre en dehors des normes !!

Comments are closed.